Shonen, seinen, shojo, josei : ces quatre mots sont écrits sur la tranche ou au dos de presque tous les mangas vendus en France, et pourtant la plupart des lecteurs les confondent. On croit qu'un shonen est « un manga de combat », qu'un seinen est « un manga violent » et qu'un shojo est « un manga pour les filles ». C'est à moitié vrai, donc à moitié faux. Ces mots ne décrivent pas ce qui se passe dans l'histoire : ils décrivent à qui l'éditeur japonais l'a destinée au départ. Ce guide explique ce que chaque terme veut dire, comment on reconnaît un genre au premier coup d'œil, pourquoi tant de séries sont rangées dans le mauvais tiroir, et lesquelles lire dans chaque catégorie.
L'essentiel en bref
- Shonen, seinen, shojo et josei ne sont pas des thèmes mais des publics visés : garçons adolescents, hommes adultes, adolescentes, femmes adultes. Le genre d'un manga est fixé par le magazine japonais qui le prépublie, pas par son contenu.
- Le shonen (One Piece, Naruto, Dragon Ball, Demon Slayer, Jujutsu Kaisen…) représente à lui seul plus de sept mangas vendus sur dix en France. Il se lit à tout âge et par tout le monde.
- Le seinen (Berserk, Vinland Saga, Tokyo Ghoul, One Punch Man…) vise les jeunes adultes : histoires plus longues, plus ambiguës, dessin souvent plus réaliste. Il ne rime pas forcément avec violence.
- L'Attaque des Titans, Chainsaw Man, Frieren et Tokyo Revengers sont des shonen, malgré ce qu'on lit partout. À l'inverse, One Punch Man et Oshi no Ko sont des seinen.
- Un isekai, un nekketsu ou une romance ne sont pas des genres au sens japonais : ce sont des thèmes, qui traversent toutes les catégories.
- Pour choisir : l'âge et les goûts de la personne comptent plus que l'étiquette. Un adulte peut lire un shonen, une adolescente un seinen. Seule la mention seijin (réservé aux adultes) est une vraie limite.
Sommaire
- Shonen, seinen, shojo, josei : ce que ces mots veulent vraiment dire
- Le shonen : le manga pensé pour les ados, lu par tout le monde
- Le seinen : le manga pour jeunes adultes
- Le shojo : le manga pensé pour les adolescentes
- Le josei : le manga pour femmes adultes
- Le kodomo, et l'étiquette qui compte vraiment : le seijin
- Shonen ou seinen : la différence en 5 points
- Ces mangas qu'on range dans le mauvais genre
- Genre n'est pas thème : isekai, nekketsu, romance, tranche de vie
- Ce que lisent les Français : le poids de chaque genre
- Quel genre de manga choisir, pour soi ou pour offrir
- Les 20 shonen à lire absolument
- Les 15 seinen à lire absolument
- Les 10 shojo et josei à lire absolument
- Petit lexique pour s'y retrouver
- Questions fréquentes
- Pour aller plus loin
Shonen, seinen, shojo, josei : ce que ces mots veulent vraiment dire
Au Japon, un manga ne sort presque jamais directement en volume. Il est d'abord prépublié chapitre par chapitre dans un magazine, hebdomadaire ou mensuel, et chaque magazine s'adresse à un public précis. C'est ce public qui donne son nom au genre : le mot japonais désigne simplement le lecteur visé.
- Shonen (少年, shōnen) signifie « jeune garçon ». Les magazines shonen visent les garçons de la fin du primaire au lycée, en gros de 10 à 18 ans.
- Seinen (青年) signifie « jeune homme ». Les magazines seinen visent les hommes de 18 à 40 ans environ : étudiants, jeunes actifs, lecteurs qui ont grandi avec le shonen.
- Shojo (少女, shōjo) signifie « jeune fille ». Les magazines shojo visent les filles de 10 à 18 ans.
- Josei (女性) signifie « femme ». Les magazines josei visent les femmes adultes.
- Kodomo (子供) signifie « enfant » : les magazines pour les moins de 10 ans, filles et garçons confondus.
La conséquence est importante : le genre ne dit rien du sujet. Un manga de sport peut être shonen (Haikyu!!), seinen (Slam Dunk a été publié en shonen, mais Ping Pong est un seinen) ou shojo. Une histoire d'amour peut être shojo, josei, ou shonen (Kaguya-sama est même un seinen). Et surtout, l'étiquette ne dit rien de qui lit réellement la série : au Japon comme en France, One Piece est lu par des adultes et par des femmes en masse, alors qu'il est prépublié dans un magazine pour garçons.
En France, les éditeurs ont gardé ces quatre mots sur les tomes parce qu'ils sont pratiques pour orienter un lecteur, et c'est ainsi que les rayons des librairies sont souvent organisés. Mais il faut les lire comme une indication d'origine, pas comme un avertissement ni comme une promesse de contenu.
| Genre | Sens du mot | Public visé au Japon | Exemples connus |
|---|---|---|---|
| Shonen | « jeune garçon » | Garçons de 10 à 18 ans | One Piece, Naruto, Dragon Ball, Demon Slayer, Jujutsu Kaisen |
| Seinen | « jeune homme » | Hommes de 18 à 40 ans | Berserk, Vinland Saga, Tokyo Ghoul, One Punch Man, Monster |
| Shojo | « jeune fille » | Filles de 10 à 18 ans | Sailor Moon, Fruits Basket, Nana, Cardcaptor Sakura |
| Josei | « femme » | Femmes adultes | Chihayafuru, Princess Jellyfish, Nodame Cantabile |
| Kodomo | « enfant » | Moins de 10 ans | Doraemon, Pokémon, Yo-kai Watch |
Le shonen : le manga pensé pour les ados, lu par tout le monde
Le shonen est le genre qui a fait connaître le manga en France, et celui qui remplit encore l'essentiel des rayons. Trois hebdomadaires japonais se partagent la quasi-totalité des grands titres : le Weekly Shonen Jump de Shueisha, lancé en 1968, d'où viennent Dragon Ball, One Piece, Naruto, Bleach, Hunter x Hunter, My Hero Academia, Demon Slayer, Jujutsu Kaisen et Haikyu!! ; le Weekly Shonen Magazine de Kodansha, né en 1959, qui a publié Fairy Tail, Tokyo Revengers et Blue Lock ; et le Weekly Shonen Sunday de Shogakukan, également né en 1959, maison de Détective Conan, d'Inu-Yasha et de Frieren. Le Jump a depuis une déclinaison en ligne, Shonen Jump+, qui a lancé Spy x Family, Dandadan, Kaiju n°8 et la seconde partie de Chainsaw Man.
Ce que ces magazines ont en commun, c'est une ligne éditoriale devenue célèbre sous la devise du Jump : « amitié, effort, victoire ». Un héros jeune, souvent orphelin ou marginal, un objectif immense qu'il annonce dès le premier chapitre, des rivaux qui deviennent des alliés, des combats dans lesquels on progresse par paliers, et une leçon morale simple à chaque arc. Le rythme est celui de la prépublication hebdomadaire : un rebondissement par chapitre, des fins de chapitre qui donnent envie d'acheter le suivant. C'est cette mécanique que les lecteurs français appellent souvent nekketsu, littéralement « sang chaud » : le mot n'est pas une catégorie japonaise, c'est le nom que l'on donne ici au shonen d'action et de dépassement de soi.
Le shonen ne se limite pourtant pas au combat. Haikyu!! et Blue Lock sont des shonen de sport, Détective Conan et Death Note des shonen d'enquête, Dr. Stone un shonen de science, Frieren un shonen contemplatif où il ne se passe presque rien pendant des chapitres entiers, Spy x Family une comédie familiale. Ce qui les réunit n'est pas le sujet mais la manière de raconter : accessible sans être simpliste, claire dans ses enjeux, portée par des personnages faciles à aimer. C'est exactement pour cela que les shonen sont lus bien au-delà des garçons de quinze ans, et que ce sont presque toujours leurs héros que l'on retrouve en figurines de collection.
Dans notre catalogue, le shonen est partout : One Piece, Naruto, Dragon Ball, Demon Slayer, Jujutsu Kaisen, My Hero Academia, Bleach, Hunter x Hunter, Haikyu!!, Blue Lock, Chainsaw Man, Frieren et L'Attaque des Titans sont tous, sans exception, des shonen.
Le seinen : le manga pour jeunes adultes
Le seinen est né quand les premiers lecteurs de shonen ont grandi. À la fin des années 1960, les éditeurs ont compris qu'un lecteur de vingt ans ne voulait pas abandonner la bande dessinée, mais qu'il attendait autre chose : des histoires qui prennent leur temps, des héros qui doutent, des fins qui ne récompensent pas toujours les bons. Les grands magazines seinen sont le Weekly Young Jump de Shueisha, lancé en 1979 (Kingdom, Tokyo Ghoul, Golden Kamuy, Kaguya-sama, Oshi no Ko), Big Comic et ses déclinaisons chez Shogakukan (Monster, 20th Century Boys), Morning et Afternoon chez Kodansha (Vagabond, Vinland Saga, Blame!), Young Animal chez Hakusensha (Berserk), et le Weekly Young Magazine de Kodansha (Akira, Ghost in the Shell).

La différence avec le shonen n'est pas d'abord une question de violence ou de nudité, contrairement à ce que l'on croit. Certains seinen sont plus sages qu'un shonen de combat ; Kaguya-sama est une comédie romantique lycéenne, L'Atelier des sorciers un conte d'apprentissage, Yotsuba&! le quotidien d'une petite fille de cinq ans. Ce qui change, c'est le contrat avec le lecteur : le seinen s'autorise l'ambiguïté morale, la lenteur, le réalisme des conséquences, des thèmes comme la guerre, la maladie, le travail ou la solitude, et un dessin souvent plus détaillé, plus proche de l'illustration que du trait vif du shonen. Quand il est violent, il l'est frontalement, sans le filtre héroïque : Berserk, Gantz ou Tokyo Ghoul ne demandent pas au lecteur d'admirer la violence, ils lui demandent de la supporter.
C'est aussi le genre où le manga a produit ses œuvres les plus respectées en dehors du Japon : Akira, Monster, Vagabond, Goodnight Punpun, Vinland Saga, Berserk. Un lecteur qui trouve les shonen trop répétitifs y trouve presque toujours son compte. Dans notre catalogue, ce sont les figurines de Berserk, de One Punch Man, de Tokyo Ghoul et de Mushoku Tensei qui représentent le seinen, avec en tête Guts et sa marque du sacrifice, Saitama en cape blanche et Ken Kaneki.
Le shojo : le manga pensé pour les adolescentes
Le shojo est, historiquement, le plus ancien des genres avec le shonen : les magazines Nakayoshi de Kodansha (1954) et Ribon de Shueisha (1955) existaient avant le Jump. Ils ont été rejoints par Margaret et Bessatsu Margaret chez Shueisha, Hana to Yume et LaLa chez Hakusensha, Sho-Comi et Bessatsu Shojo Comic chez Shogakukan. C'est de là que viennent Sailor Moon et Cardcaptor Sakura (Nakayoshi), Fruits Basket, Yona, princesse de l'aube et Skip Beat! (Hana to Yume), Ouran High School Host Club et Vampire Knight (LaLa), Kimi ni Todoke et Blue Spring Ride (Bessatsu Margaret), Nana (Cookie, chez Shueisha) et Banana Fish (Bessatsu Shojo Comic).

Le cliché veut que le shojo soit « de la romance lycéenne avec des grands yeux ». La romance y est en effet centrale, mais le genre est bien plus large : Banana Fish est un polar new-yorkais sur la mafia et la drogue, Sailor Moon un récit de combat de magical girls qui a inspiré une génération de shonen, Yona une fresque politique, Fruits Basket un drame familial sur la maltraitance. Ce qui définit le shojo, c'est plutôt le point de vue : l'histoire est racontée de l'intérieur, par les émotions et les pensées de l'héroïne, et la mise en page le traduit avec des cases ouvertes, des fonds de fleurs et de lumière, des visages qui prennent toute la page. Là où le shonen montre l'action, le shojo montre ce qu'elle fait ressentir.
Le shojo est aussi le genre qui a le plus changé ces dernières années. Longtemps le parent pauvre du marché français, il progresse depuis 2022 et attire un lectorat plus large, à mesure que les plateformes de streaming adaptent ses titres. Il reste en revanche presque absent des rayons de figurines : les fabricants privilégient les héros de shonen, et notre catalogue suit cette réalité. Les lectrices de shojo qui collectionnent se tournent le plus souvent vers les figurines chibi, dont le style rond et expressif est le plus proche de l'esthétique du genre.
Le josei : le manga pour femmes adultes
Le josei est au shojo ce que le seinen est au shonen : le genre des lectrices qui ont grandi. Il est né dans les années 1980 avec des magazines comme Be-Love et Kiss chez Kodansha, Feel Young chez Shodensha ou Melody chez Hakusensha, et raconte la vie adulte : le travail, le couple, la maternité, la solitude, l'ambition. Chihayafuru (Be-Love) suit une joueuse de karuta de compétition de l'adolescence à l'âge adulte, Nodame Cantabile et Princess Jellyfish (Kiss) parlent de vocation musicale et de vie en colocation, Paradise Kiss de mode et de premier amour, Usagi Drop d'un célibataire qui adopte une petite fille, Wotakoi d'un couple d'otakus qui s'aiment entre deux journées de bureau.

Le josei est le genre le moins connu en France parce qu'il a longtemps été le moins traduit, et parce que les éditeurs français le classent souvent en seinen ou en shojo selon la couverture. Il gagne du terrain avec les adaptations animées récentes et avec un lectorat adulte féminin qui n'a plus envie qu'on lui parle de lycée. Si vous cherchez un manga pour une adulte qui n'a jamais lu de manga, c'est presque toujours ici qu'il faut regarder.
Le kodomo, et l'étiquette qui compte vraiment : le seijin
Deux catégories complètent le tableau. Le kodomo désigne les mangas pour enfants de moins de dix ans : Doraemon, Pokémon, Yo-kai Watch ou Beyblade, presque tous issus du magazine CoroCoro Comic de Shogakukan. Ils sont courts, très lisibles, souvent liés à un jeu ou à un jouet, et ce sont eux que l'on offre en premier à un enfant de six ou sept ans, bien avant le premier shonen.
À l'autre bout, le seijin (成人, « adulte ») désigne les mangas réservés aux plus de 18 ans, en raison de leur contenu sexuel ou de leur violence explicite. C'est la seule étiquette qui constitue une véritable limite d'âge. Un seinen n'est pas un seijin : la grande majorité des seinen vendus en France se lit à partir de 15 ou 16 ans, et les éditeurs français signalent les rares titres réservés aux adultes par un bandeau ou un film plastique. Autrement dit, quand quelqu'un dit qu'un manga est « pour adultes », demandez-lui s'il parle du public visé (seinen, josei) ou d'une vraie interdiction (seijin). Ce n'est pas du tout la même chose.
Shonen ou seinen : la différence en 5 points
C'est la question la plus posée, parce que ce sont les deux genres qui se ressemblent le plus de l'extérieur : mêmes formats, mêmes rayons, souvent les mêmes thèmes de combat, de guerre ou d'aventure. Voici comment on les distingue sans lire la couverture.

| Critère | Shonen | Seinen |
|---|---|---|
| Le héros | Jeune, souvent un adolescent qui grandit au fil des tomes ; ses valeurs sont claires dès le départ. | Souvent adulte, ou un jeune qui perd ses illusions ; ses valeurs évoluent, parfois vers le pire. |
| Le rythme | Un rebondissement par chapitre, des combats par paliers, des arcs qui finissent sur une victoire. | Des chapitres qui installent, des victoires rares ou amères, des arcs qui peuvent finir sur une défaite. |
| La morale | Le bien et le mal sont identifiables ; le méchant peut être racheté. | Personne n'a entièrement raison ; les conséquences sont durables. |
| Le dessin | Trait vif, lisible, expressif ; décors au service de l'action. | Trait plus dense et réaliste ; décors et anatomie très travaillés. |
| Le lecteur visé | Garçons de 10 à 18 ans, mais lu par tous. | Hommes de 18 à 40 ans, mais lu par tous ceux que le shonen lasse. |
Un moyen rapide de trancher quand la couverture ne dit rien : regarder le magazine d'origine, presque toujours indiqué dans les premières pages du tome ou sur la fiche de l'éditeur. Jump, Magazine, Sunday, Champion ou Gangan signifient shonen ; Young Jump, Young Magazine, Morning, Afternoon, Big Comic, Young Animal, Ultra Jump ou Comic Beam signifient seinen. C'est le seul critère sans exception.
Ces mangas qu'on range dans le mauvais genre
Parce que le genre est fixé par le magazine et non par le contenu, les erreurs sont nombreuses, y compris dans la presse et sur les sites de vente. Voici les cas les plus fréquents, avec le magazine d'origine qui tranche.
| Série | Ce qu'on croit | Ce que c'est | Pourquoi |
|---|---|---|---|
| L'Attaque des Titans | Seinen, à cause de la violence | Shonen | Prépublié dans le Bessatsu Shonen Magazine de Kodansha |
| Chainsaw Man | Seinen | Shonen | Weekly Shonen Jump, puis Shonen Jump+ pour la seconde partie |
| Tokyo Revengers | Seinen, à cause des gangs | Shonen | Weekly Shonen Magazine |
| Frieren | Seinen, à cause de la lenteur et de la mélancolie | Shonen | Weekly Shonen Sunday |
| Jujutsu Kaisen, Demon Slayer | Seinen, à cause du sang | Shonen | Weekly Shonen Jump tous les deux |
| One Punch Man | Shonen, à cause de la parodie de super-héros | Seinen | Tonari no Young Jump, la plateforme seinen de Shueisha |
| Oshi no Ko, Kaguya-sama | Shonen ou shojo | Seinen | Weekly Young Jump |
| Berserk, Tokyo Ghoul, Vinland Saga | Shonen, parce qu'on les découvre jeune | Seinen | Young Animal, Young Jump, Afternoon |
| L'Atelier des sorciers | Shojo, à cause du dessin | Seinen | Morning Two, chez Kodansha |
| Nana, Banana Fish | Josei ou seinen, à cause des thèmes adultes | Shojo | Cookie et Bessatsu Shojo Comic, deux magazines pour adolescentes |
| Solo Leveling | Shonen | Aucun des deux | C'est un webtoon coréen : les catégories japonaises ne s'appliquent pas |
La leçon de ce tableau : la violence ne fait pas le seinen, et la douceur ne fait pas le shojo. L'Attaque des Titans a été pensé pour des collégiens, Kaguya-sama pour des étudiants. Si vous voulez savoir à qui une série est destinée, cherchez son magazine, pas son nombre de morts.
Genre n'est pas thème : isekai, nekketsu, romance, tranche de vie
Beaucoup de mots que l'on croise à côté de shonen et seinen ne sont pas des genres au sens japonais mais des thèmes, qui traversent toutes les catégories. Les confondre est la source de la plupart des malentendus.
- Nekketsu (« sang chaud ») : le shonen d'action où le héros se dépasse par la volonté. C'est un sous-ensemble du shonen, et un mot surtout utilisé en France.
- Isekai (« autre monde ») : un personnage est transporté ou réincarné dans un monde de fantasy. Le thème existe en shonen (Tensura), en seinen (Mushoku Tensei, Re:Zero, Overlord) et en shojo (Yona n'en est pas un, mais Fushigi Yûgi en est un). Nous lui consacrons un guide complet.
- Tranche de vie (slice of life) : le quotidien sans grand enjeu, en shonen comme en seinen ou en josei.
- Romance : présente partout, y compris dans les shonen les plus musclés.
- Dark fantasy, horreur, sport, cuisine, enquête : autant de thèmes qui ne préjugent pas du genre. Haikyu!! est un shonen de sport, Ping Pong un seinen de sport.
- Shonen-ai et shojo-ai : des termes anciens désignant des romances entre garçons ou entre filles, sans scène explicite. Ce sont des thèmes, pas des genres, et ils ne sont pas réservés aux magazines du même nom.
Retenez la règle simple : le genre dit pour qui, le thème dit de quoi. « Un seinen de dark fantasy » (Berserk) ou « un shonen de sport » (Blue Lock) sont des descriptions complètes ; « un manga isekai » ne dit rien sur le public visé.
Ce que lisent les Français : le poids de chaque genre
La France est le deuxième marché du manga au monde derrière le Japon, et les chiffres du panel GfK, repris chaque année par les spécialistes du secteur, donnent une idée précise de ce que pèse chaque genre. En 2022, année record, il s'est vendu 48 millions de mangas en France, soit 57 % des bandes dessinées vendues en volume ; le marché est ensuite redescendu à 39,6 millions d'exemplaires en 2023, puis à 35,9 millions en 2024, ce qui reste un manga vendu sur deux bandes dessinées.
La répartition par genre, elle, bouge lentement. Selon les bilans publiés par Journal du Japon à partir des données GfK, le shonen représentait 76 % des volumes vendus en 2022, 74 % en 2023 et 71,5 % en 2024. Le seinen est stable autour d'un cinquième du marché (environ 20 % en 2023, 21,1 % en 2024), et le shojo, longtemps autour de 5 %, gagne du terrain (6,1 % en 2024). Autrement dit, plus de sept mangas vendus sur dix en France sont des shonen, et l'écart se resserre doucement à mesure que le lectorat vieillit et que les adaptations animées de seinen et de shojo se multiplient.
Ces chiffres expliquent aussi l'offre en figurines et en produits dérivés : les fabricants suivent les ventes de manga, donc le shonen. C'est pour cela qu'un rayon de figurines ressemble à un rayon de shonen, et que les seinen et les shojo, même très aimés, y sont rares.
Quel genre de manga choisir, pour soi ou pour offrir
La bonne question n'est pas « quel genre est le meilleur » mais « pour qui, et pour quelle envie ». Le genre donne une direction, l'âge et les goûts font le reste. Voici les repères que nous donnons en boutique.

| Pour qui | Où regarder d'abord | Titres pour commencer |
|---|---|---|
| Un enfant de 6 à 9 ans | Kodomo, puis les shonen les plus doux | Doraemon, Pokémon, Yo-kai Watch, puis Dragon Ball |
| Un collégien ou une collégienne | Shonen, shojo | One Piece, Naruto, My Hero Academia, Spy x Family, Fruits Basket, Sailor Moon |
| Un lycéen ou une lycéenne | Shonen, shojo, premiers seinen | Demon Slayer, Jujutsu Kaisen, Haikyu!!, Nana, L'Attaque des Titans, puis Tokyo Ghoul ou Vinland Saga |
| Un adulte qui n'a jamais lu de manga | Seinen, josei, ou un shonen « adulte » | Monster, Vinland Saga, Chihayafuru, Frieren, L'Atelier des sorciers |
| Un adulte qui a grandi avec les shonen | Seinen | Berserk, Vagabond, Kingdom, Golden Kamuy, One Punch Man |
| Une adulte qui aime les séries et les romans | Josei, shojo | Princess Jellyfish, Nodame Cantabile, Banana Fish, Nana |
Trois erreurs fréquentes
- Offrir un seinen à un enfant parce que « c'est un manga ». Vérifiez le genre au dos du tome, et surtout l'absence de mention seijin.
- Refuser un shonen à un adulte parce que « c'est pour les ados ». One Piece, Hunter x Hunter ou Frieren sont parmi les mangas les plus lus par les trentenaires, et ce n'est pas un hasard.
- Croire que le genre limite le thème. Quelqu'un qui aime les histoires de sport peut lire Haikyu!! (shonen) et Chihayafuru (josei) le même week-end.
Si le cadeau n'est pas un livre mais un objet, la logique est la même : on part du personnage que la personne aime, pas du genre. Notre guide des cadeaux manga détaille les choix par âge et par budget.
Les 20 shonen à lire absolument
Une sélection qui mêle les classiques que tout le monde doit avoir lus et les séries récentes qui définissent le genre aujourd'hui. L'ordre n'est pas un classement : chaque titre est là pour une raison différente.

- One Piece, d'Eiichiro Oda. Le shonen le plus vendu de l'histoire, une aventure de pirates qui court depuis 1997 et n'a jamais baissé de niveau. Nos figurines One Piece en sont le reflet, avec Shanks confiant son chapeau de paille à Luffy en tête.
- Dragon Ball, d'Akira Toriyama. La matrice de tout le shonen moderne : tournois, transformations, rivaux devenus amis. Les figurines Dragon Ball restent parmi les plus collectionnées au monde.
- Naruto, de Masashi Kishimoto. Le ninja orphelin qui veut devenir chef de son village : le récit d'apprentissage le plus complet du genre, dont les figurines Naruto occupent une place à part.
- Demon Slayer, de Koyoharu Gotouge. Court, dense, bouleversant, et le succès qui a relancé le manga en France après 2019. Voir nos figurines Demon Slayer.
- Jujutsu Kaisen, de Gege Akutami. Le shonen de combat de la génération actuelle, plus sombre et plus rapide que ses aînés. Sukuna dans les flammes résume son ton.
- Hunter x Hunter, de Yoshihiro Togashi. Le shonen le plus intelligent, celui qui réinvente ses règles à chaque arc. Gon Freecss et nos figurines Hunter x Hunter.
- Fullmetal Alchemist, de Hiromu Arakawa. Vingt-sept tomes sans une longueur, et une fin parfaite : le shonen que l'on conseille à ceux qui n'ont pas le temps.
- Bleach, de Tite Kubo. Le style avant tout, des sabres et des costumes devenus iconiques, et une conclusion enfin adaptée en anime. Voir Ichigo en shihakusho et nos figurines Bleach.
- My Hero Academia, de Kohei Horikoshi. Le shonen de super-héros, terminé en 2024, et l'un des plus généreux en personnages secondaires. Deku en est le visage.
- L'Attaque des Titans, de Hajime Isayama. Oui, c'est un shonen, et l'un des plus ambitieux jamais publiés. Levi Ackerman et nos figurines L'Attaque des Titans.
- Haikyu!!, de Haruichi Furudate. Le meilleur manga de sport du genre, volley-ball oblige, et une leçon de mise en scène. Hinata en plein saut.
- Blue Lock, de Muneyuki Kaneshiro et Yusuke Nomura. Le football réinventé en battle royale d'ego : le shonen de sport de la décennie. Isagi et nos figurines Blue Lock.
- Chainsaw Man, de Tatsuki Fujimoto. Le shonen qui ne ressemble à aucun autre : brutal, drôle, mélancolique, et publié dans le Jump malgré tout. Nos figurines Chainsaw Man.
- Frieren, de Kanehito Yamada et Tsukasa Abe. Un shonen qui commence après la fin de l'aventure et parle du temps qui passe. Frieren et Fern et nos figurines Frieren.
- Spy x Family, de Tatsuya Endo. La comédie familiale la plus réussie du Jump+, avec Yor Forger en figurine.
- Dandadan, de Yukinobu Tatsu. Fantômes, extraterrestres et romance adolescente, à un rythme fou. Okarun transformé en version chibi.
- Death Note, de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata. Le shonen sans combat, seulement un duel d'intelligence, et l'une des meilleures portes d'entrée pour un adulte.
- Slam Dunk, de Takehiko Inoue. Le manga de basket qui a précédé Haikyu!! et que le film de 2022 a fait redécouvrir.
- Dr. Stone, de Riichiro Inagaki et Boichi. Le shonen de science : reconstruire la civilisation à partir de rien, avec de vraies expériences à chaque tome.
- Détective Conan, de Gosho Aoyama. Plus de cent tomes d'enquêtes, le shonen le plus longévif du Sunday.
- Sakamoto Days, de Yuto Suzuki. Le shonen d'action le plus inventif du Jump actuel, adapté en anime en 2025.
Les 15 seinen à lire absolument
- Berserk, de Kentaro Miura. La dark fantasy de référence, un dessin d'une densité inégalée, une œuvre poursuivie après la mort de son auteur par son studio, sous la supervision de son ami Kouji Mori. Nos figurines Berserk lui rendent hommage.
- Vinland Saga, de Makoto Yukimura. Commencé en shonen, terminé en seinen : la saga viking la plus adulte du manga.
- Monster, de Naoki Urasawa. Un thriller psychologique en Allemagne, sans combat, sans pouvoir, et impossible à lâcher.
- Vagabond, de Takehiko Inoue. La vie du sabreur Miyamoto Musashi, dessinée comme une estampe.
- Tokyo Ghoul, de Sui Ishida. Un étudiant devenu goule malgré lui, entre horreur et tragédie. Ken Kaneki et nos figurines Tokyo Ghoul.
- One Punch Man, de ONE et Yusuke Murata. La parodie de shonen la mieux dessinée du monde, et un vrai seinen. Saitama et nos figurines One Punch Man.
- Kingdom, de Yasuhisa Hara. L'unification de la Chine par un orphelin devenu général : la plus grande fresque guerrière du seinen.
- Akira, de Katsuhiro Otomo. Le manga qui a ouvert l'Occident au genre, et un chef-d'œuvre de science-fiction.
- Goodnight Punpun, d'Inio Asano. Le récit d'une jeunesse ordinaire, dessiné avec une cruauté douce. À réserver aux lecteurs adultes.
- Golden Kamuy, de Satoru Noda. Chasse au trésor dans le Hokkaido du début du XXᵉ siècle, entre aventure, cuisine et culture aïnoue.
- Made in Abyss, d'Akihito Tsukushi. Un dessin d'album jeunesse pour une descente vers l'horreur : le contraste même du seinen.
- Oshi no Ko, d'Aka Akasaka et Mengo Yokoyari. L'industrie des idols vue de l'intérieur, sous une couverture qui trompe sur le genre.
- Kaguya-sama : Love is War, d'Aka Akasaka. La comédie romantique la plus fine du seinen, où deux surdoués refusent de se déclarer.
- L'Atelier des sorciers, de Kamome Shirahama. Un conte d'apprentissage magique au dessin somptueux, publié dans Morning Two.
- Mushoku Tensei, adapté par Yuka Fujikawa du roman de Rifujin na Magonote. L'isekai de référence, dont le manga paraît dans un magazine seinen. Nos figurines Mushoku Tensei, dont Roxy Migurdia.
Les 10 shojo et josei à lire absolument
- Nana, d'Ai Yazawa (shojo). Deux jeunes femmes prénommées Nana partagent un appartement à Tokyo : le shojo le plus adulte, jamais terminé, et toujours culte.
- Fruits Basket, de Natsuki Takaya (shojo). Une famille frappée par une malédiction, et l'un des récits les plus émouvants du manga.
- Sailor Moon, de Naoko Takeuchi (shojo). La magical girl qui a marqué toute une génération, et un vrai manga de combat.
- Banana Fish, d'Akimi Yoshida (shojo). Un polar new-yorkais dur, publié dans un magazine pour adolescentes.
- Cardcaptor Sakura, de CLAMP (shojo). Le shojo magique le plus élégant, à lire dès le collège.
- Yona, princesse de l'aube, de Mizuho Kusanagi (shojo). Une princesse déchue qui apprend à se battre : de l'aventure et de la politique.
- Kimi ni Todoke, de Karuho Shiina (shojo). La romance lycéenne dans ce qu'elle a de plus juste.
- Chihayafuru, de Yuki Suetsugu (josei). Le karuta comme sport de haut niveau, et une héroïne inoubliable.
- Princess Jellyfish, d'Akiko Higashimura (josei). Une colocation d'otakus, la mode et l'estime de soi : drôle et tendre.
- Nodame Cantabile, de Tomoko Ninomiya (josei). Deux étudiants en musique classique : le josei qui a fait aimer le genre au-delà de son public.
Petit lexique pour s'y retrouver
- Mangaka : l'auteur ou l'autrice d'un manga, qui dessine le plus souvent son propre scénario.
- Prépublication : la parution chapitre par chapitre dans un magazine, avant la sortie en volume. C'est elle qui fixe le genre.
- Tankobon : le volume relié que l'on achète en librairie, en général dix chapitres environ.
- One-shot : une histoire complète en un seul chapitre ou un seul tome.
- Light novel : un roman illustré japonais, source de nombreux animes et mangas (Mushoku Tensei, Re:Zero, Sword Art Online).
- Manhwa et manhua : les bandes dessinées coréennes et chinoises. Webtoon : le format numérique à lecture verticale, souvent coréen (Solo Leveling, Tower of God).
- Nekketsu : « sang chaud », le shonen d'action et de dépassement de soi, terme surtout français.
- Isekai : « autre monde », le thème du personnage transporté ou réincarné dans un univers de fantasy.
- Seijin : « adulte », la seule catégorie réservée aux plus de 18 ans.
- Kodomo : « enfant », les mangas pour les moins de dix ans.
Questions fréquentes
C'est quoi un shonen ?
Un shonen est un manga prépublié dans un magazine japonais destiné aux garçons de 10 à 18 ans, comme le Weekly Shonen Jump. Le mot signifie « jeune garçon ». Il ne désigne pas un thème : One Piece, Death Note, Haikyu!! et Spy x Family sont tous des shonen. Dans les faits, les shonen sont lus par tous les âges et par les deux sexes.
Quelle est la différence entre shonen et seinen ?
Le public visé : les garçons adolescents pour le shonen, les hommes adultes pour le seinen. Concrètement, le seinen s'autorise des héros plus ambigus, un rythme plus lent, des fins plus amères et un dessin plus réaliste. La violence n'est pas le critère : L'Attaque des Titans est un shonen, Kaguya-sama un seinen. Le seul critère sans exception est le magazine d'origine.
One Piece est-il un shonen ou un seinen ?
Un shonen. One Piece est prépublié depuis 1997 dans le Weekly Shonen Jump, le magazine pour garçons de Shueisha. C'est même le shonen le plus vendu de l'histoire, ce qui n'empêche pas une grande partie de ses lecteurs d'être adultes.
L'Attaque des Titans est-il un seinen ?
Non. Malgré sa violence et sa noirceur, L'Attaque des Titans a été prépublié dans le Bessatsu Shonen Magazine, un mensuel pour adolescents de Kodansha. C'est l'exemple le plus fréquent de manga classé à tort en seinen.
Un adulte peut-il lire des shonen ?
Bien sûr. Le genre indique le public visé par l'éditeur au départ, pas une limite d'âge. One Piece, Hunter x Hunter, Frieren ou Fullmetal Alchemist comptent parmi les mangas les plus lus par les adultes. Au Japon, le Weekly Shonen Jump est acheté par des lecteurs de tous les âges.
À partir de quel âge peut-on lire un seinen ?
Il n'y a pas de règle unique, parce que le seinen n'est pas une interdiction. Beaucoup de seinen se lisent dès 15 ou 16 ans (Vinland Saga, Monster, L'Atelier des sorciers), d'autres sont plus durs (Berserk, Gantz, Goodnight Punpun). Seule la mention seijin, réservée aux plus de 18 ans, constitue une vraie limite ; les éditeurs français la signalent sur le tome.
Le shojo est-il un manga pour les filles ?
C'est un manga destiné, au départ, aux adolescentes japonaises. Mais comme le shonen, il est lu bien au-delà de son public : Banana Fish, Nana ou Fruits Basket comptent de nombreux lecteurs masculins. Le shojo se définit par son point de vue, centré sur les émotions de l'héroïne, pas par un sujet réservé.
Qu'est-ce que le nekketsu ?
Un mot japonais signifiant « sang chaud », utilisé surtout en France pour désigner les shonen d'action où le héros progresse par la volonté et le dépassement de soi : Dragon Ball, Naruto, My Hero Academia. Ce n'est pas une catégorie éditoriale japonaise, mais un sous-ensemble du shonen.
Qu'est-ce qu'un isekai ?
Un thème, pas un genre : un personnage est transporté ou réincarné dans un autre monde, souvent de fantasy. On trouve des isekai en shonen, en seinen (Mushoku Tensei, Re:Zero) et en shojo. Le mot signifie « autre monde ».
Qu'est-ce que le Shonen Jump ?
Le Weekly Shonen Jump est l'hebdomadaire de manga de l'éditeur Shueisha, lancé en 1968. C'est le magazine le plus vendu du Japon et la source de Dragon Ball, One Piece, Naruto, Bleach, Demon Slayer, Jujutsu Kaisen, My Hero Academia et Hunter x Hunter. Sa version en ligne, Shonen Jump+, publie Spy x Family, Dandadan et Kaiju n°8.
Quel genre de manga choisir pour un enfant ?
Avant 10 ans, les kodomo (Doraemon, Pokémon) puis les shonen les plus doux comme Dragon Ball. Au collège, les grands shonen (One Piece, Naruto, My Hero Academia) et les shojo (Sailor Moon, Fruits Basket). Vérifiez toujours l'absence de mention seijin, et pour un seinen, lisez quelques pages avant d'offrir.
Pour aller plus loin
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- Les grandes licences shonen en figurines : One Piece, Naruto, Dragon Ball, Demon Slayer, Jujutsu Kaisen.
- Le seinen en figurines : Berserk, One Punch Man, Tokyo Ghoul, Mushoku Tensei.
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